Khalifa Sall : «Ce procès est politique, sa raison est politique, son soubassement est politique, sa cause est politique»

 

Africaleadnews – (Senegal) Les débats d’audience se sont poursuivis dans le cadre du procès de la Caisse d’avance de la Ville de Dakar, avec les questions des avocats des prévenus à leurs clients. Le plus sollicité a été naturellement Khalifa Sall. Le maire des Dakar jure que ces 30 millions de FCfa mensuels étaient des fonds politiques destinés aux dakarois. Avant de décréter que ce procès est politique, sa raison politique…

Le procès de la Caisse d’avance de la Ville de Dakar se poursuit devant le tribunal correctionnel de Dakar, avec son lot d’incidents. Les choses sont toujours au stade de l’interrogatoire des prévenus. Après les questions du tribunal, celles des parties civiles et du représentant du ministère public, ce sont les avocats des prévenus posent des questions à leurs clients. Naturellement, c’est Khalifa Ababacar Sall qui a été le plus questionné. Vient après l’ancien receveur-percepteur de la Ville de Dakar, Mamadou Oumar Bocoum. Son remplaçant à la Ville de Dakar a aussi répondu à pas mal de questions des avocats de la défense. Le but de ce jeu de questions-réponses est de définir si les fonds de la Caisse d’avance sont des fonds politiques ou non.

«Je ne m’intéresse pas à l’argent»

Le maire de la Ville de Dakar s’est prêté à une gymnastique durant toute la journée d’hier. A chaque prise de parole d’un avocat de la défense, il a été sollicité à la barre. A chaque fois, Khalifa Sall a tenu à respecter ses principes de ne pas dévoiler les noms des bénéficiaires ou d’arbitrer ces collaborateurs. Cependant, il n’a cessé de dire que l’argent de la Caisse d’avance était des fonds politiques. Expliquant qu’ils n’ont pas servi aux agents de sa mairie, mais aux populations de Dakar. Khalifa Sall a même évoqué son détachement à la richesse, et il avait fait le bilan de ses biens immobiliers. «Je ne me suis jamais intéressé à l’argent ou aux choses matériels. C’est pourquoi mes biens immobiliers sont comme ça. Le procureur de la République a raison quand il dit que ma maison de Sacré-Cœur et celle de Niague ne peuvent pas faire l’objet de garantie, parce que jusqu’à présent, je n’ai pas de titre foncier. Tous mes biens sont connus, même mes comptes sont ‘traçables’. Je peux justifier tous mes biens. La maison des Parcelles Assainies, je l’ai achetée en 1985 à 205 000 FCfa, le verger de Niague à 350 000 FCfa, la maison de Sacré-Cœur 2 est acquise suite à un prêt bancaire de 5 millions de FCfa totalement épongé. Ce n’est pas l’argent qui m’a poussé à faire de la politique», plaide-t-il, plongeant ses nombreux souteneurs dans un état de désolation.

Revenant sur la qualification politique de ces fonds, il a estimé que c’est le receveur-percepteur qui a informés les gens de la Ville de Dakar qu’il ne pouvait plus payer les 30 millions de FCfa après la mission d’inspection. Précisant que le percepteur ne s’est pas adressé à lui directement, qu’il a parlé au Directeur administratif et financier (Mbaye Touré) qui l’a informé. «Ces fonds étaient des fonds politiques. C’est un dispositif d’Etat et de l’Etat. Et c’est lui qui décide de les arrêter pour des raisons purement, essentiellement, foncièrement…. politiques. Et nous avons décidé, au niveau de la municipalité, de les continuer et nous l’avons fait savoir que c’est fonds, les Dakarois en ont besoin. Quand tout allait bien, il n’y avait pas de problème. Il a fallu que les choses tournent mal pour que ça arrive. Et je suis sûr que le jour où Khalifa Sall ne sera plus maire de Dakar, les fonds vont se poursuivre», répond-il à une question d’un de ses avocats.

«Que les percepteurs disent qu’ils ne connaissent de fonds politiques me fait sourire»

Poursuivant sur la question des fonds politiques, il précise que ce sont les hommes politiques qui étaient ses interlocuteurs. «Ils sont les seuls avec qui j’en parle. J’en ai juste discuté une fois avec une autorité politique très proche de moi et qui n’est plus en fonction. Elle m’a confirmé l’existence de ces fonds politiques. L’autre autorité à qui j’en ai parlé est l’ancien chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade. On était des adversaires, mais il était intelligent et avait compris le sens de ces fonds. La dernière autorité politique avec qui j’en ai parlé, c’est l’actuel Président et c’était en septembre 2012. Il m’en avait parlé et en avais sollicité», révèle-t-il avant de répondre que c’est ce même président de la République qui a mis en branle cette mission de l’Inspection générale d’Etat à la Ville de Dakar. Il rappelle, par la même occasion, que la Présidence de la République dispose de fonds politiques et aucun de ces fonds n’est appelé fonds politiques, mais fonds spéciaux. L’Assemblée nationale a ses fonds politiques portés par d’autres appellations et le Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) aussi en a. Au Sénégal, seule la Ville de Dakar est une collectivité locale ayant des fonds politiques depuis 1960, dit-il.

Sur un autre registre, le maire de Dakar n’est pas tombé dans le piège de Me Ousseynou Fall qui lui fait révéler la teneur de l’offre politique qu’il a rejette pour s’attirer les foudres du régime de Macky. «C’est une question bien délicate que vous me posez. Une offre politique m’avait été faite, c’est vrai, et je l’avais refusée. Mais je n’ai jamais dit la teneur de cette offre. J’ai toujours mené des combats de principe. Je ne m’attache pas au poste. Si j’avais accepté, je ne serais pas là, je serais comme tout le monde. Même en venant ici, on m’a dit de faire attention, parce que l’Etat est un rouleau compresseur et qu’il va m’écraser. Il n’y a que Dieu qui peut m’écraser. Vous me pardonnez, Monsieur le président, mais ce procès est politique, sa raison est politique, son soubassement est politique, sa cause est politique. Ils ont pensé que j’étais hors gamme et qu’il fallait prendre des mesures extrêmes. Pendant 18 mois d’inspection, ils n’ont trouvé aucun détournement, aucun manquement, aucune fausse facture, rien du tout», atteste Khalifa Sall. «Sur la position des deux percepteurs municipaux qui affirment qu’ils n’alimentaient pas des fonds politiques, mais une Caisse d’avance, Khalifa Sall s’est voulu clair, un brin ironique. «Le fait d’entendre les percepteurs dire qu’ils ne connaissent pas l’existence de fonds politiques à la Ville de Dakar me fait sourire. Je ne juge pas les gens, ils se défendent et c’est normal, mais les faits sont têtus. Je ne jugerai jamais mes jeunes frères (les deux percepteurs municipaux)», estime-t-il.

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