Le siège social de Total Gabon à Port-Gentil

Gabon: Le personnel de Total Gabon en grève

L’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep), puissant syndicat du secteur pétrolier au Gabon, a lancé le 9 juillet 2018 un mot d’ordre d’entrée en grève d’une durée de quinze (15)jours chez l’opérateur pétrolier pionnier de l’exploration et de la production de l’or noir au Gabon.
 
Le groupe Total est en eaux troubles au Gabon depuis quelques temps. Le groupe pétrolier a en effet cédé une partie de ses actifs dans le pays à la société franco-britannique Perenco pour un montant d’environ 330,6 millions d’euros. Après ces cessions d’actifs, sa succursale au Gabon s’est engagée dans la voie de la restructuration avec des réformes qui ne font pas l’unanimité chez les salariés. Des signes qui font penser à une fin de course imminente. Une nouvelle entité juridique dénommée Groupement d’intérêt économique (GIE), un nouveau système de rémunération figurent parmi les mesures qui n’ont pas l’assentiment des salariés. Ces derniers sollicitent en effet une indemnité d’incitation pour les travailleurs devant rejoindre le GIE et un plan de départ volontaire pour ceux qui n’y sont pas favorables.Le nouveau système de rémunération qui fait perdre aux salariés de nombreux avantages sociaux est quant à lui rejeté sans autre forme de procès. Ceux-ci exigent par ailleurs que la société s’engage à leur octroyer un bonus en cas de vente d’actifs ou du patrimoine de la société. Une demande purement et simplement rejetée par la direction générale de Total Gabon. Dans une interview accordée au quotidien gabonais L’Union, le directeur général Henri-Max Ndong Nzué dit être « frappé par la nature des demandes de l’Onep qui portent essentiellement sur la création de nouvelles primes et autres bonus ».
 
Dans le cahier de charges des salariés annexé au préavis de grève déposé sur la table de l’employeur le 25 juin 2018, figurent également des revendications liées aux situations socioprofessionnelles et à l’instauration ou la revalorisation des primes. Ouvertes le 29 juin dernier au siège social de Total Gabon à Port-Gentil (capitale économique du Gabon), les discussions entre l’employeur et la partie salariale se sont poursuivies le 2 juillet 2018 à Libreville, à la demande du ministre du Travail Arnauld Calixte Engandji Alandji. Dans un compte rendu adressé aux salariés, l’Onep a annoncé le 6 juillet dernier l’échec de la médiation initiée par le ministre, avant de se retirer de la table des négociations. Le syndicat du secteur pétrolier dénonce la rigidité de l’employeur qui « ne fait aucun effort pour prendre en compte les attentes des salariés ». Il lui reproche par ailleurs de nombreuses violations de la loi, notamment en entretenant la discrimination en matière de rémunération et en utilisant de façon abusive les travailleurs d’une société de mise à disposition du personnel. Devant l’échec des négociations et son préavis de grève ayant expiré depuis le 30 juin 2018, le syndicat du secteur pétrolier a appelé les salariés de Total Gabon à observer un mouvement de grève de 15 jours, à compter du 9 juillet 2018. Depuis lors c’est quasiment la paralysie sur les sites pétroliers de Total Gabon dont la direction se retrouve avec l’Onep ce 10 juillet, à l’initiative de l’administration du Travail, pour discuter des modalités de la mise en oeuvre du service minimum.
Mais le syndicat dénonce d’ores et déjà des entraves à la grève de la part de l’employeur qui depuis le lancement du mouvement évacue le personnel gréviste des sites tout en le remplaçant par les travailleurs d’une société de mise à disposition. « Le service minimum dans le secteur pétrolier n’est applicable qu’aux activités, services, postes de travail dont l’arrêt est de nature à compromettre le bon déroulement des services essentiels qui ont un impact sur la santé, la vie et la sécurité des hommes », avertit le secrétaire général de l’Onep, Sylvain Mayabi Binet, citant une disposition de la loi relative au service minimum dans le secteur pétrolier. Il est bien clair que les pompes resteront bien fermées sur les sites de Total Gabon dont la production journalière est estimée à 30 000 barils.

Vianney Madzou

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