En Australie, le limogeage du médecin des réfugiés fait polémique

La médecin-chef chargée par l’Australie de soigner les demandeurs d’asile et réfugiés de Nauru, dans le Pacifique, a été limogée, a annoncé son employeur alors que Canberra tentait de faire pièce aux critiques contre ses camps de rétention controversés. La Dr Nicole Montana a été arrêtée par la police de Nauru, une minuscule nation du Pacifique à qui l’Australie confie les demandeurs d’asile qui échouent sur ses rives. Il lui est reproché d’avoir pris la photo d’un enfant qu’elle était en train de soigner, ce qui est interdit par le règlement de la société privée chargée par le gouvernement australien de fournir des soins médicaux aux migrants relégués par Canberra. « La médecin-chef de l’IHMS a été démise de ses fonctions pour avoir violé le règlement du centre régional » de rétention, a déclaré à l’AFP la compagnie, l’International Health and Medical Services.

Les ONG ne cessent de dénoncer la politique d’immigration draconienne de l’Australie. Depuis 2013, Canberra, qui dément tout mauvais traitement, refoule systématiquement en mer tous les bateaux de clandestins, originaires pour beaucoup d’Afghanistan, du Sri Lanka et du Moyen-Orient. Ceux qui parviennent à passer à travers les mailles du filet sont envoyés dans des îles reculées du Pacifique.

Un journaliste de l’AFP est parvenu récemment à rentrer dans les camps de rétention éparpillés sur l’île, constatant que de nombreuses personnes étaient désespérées, témoignant de tentatives de suicide, y compris d’enfants. L’ONG Médecins sans frontières a récemment reçu l’ordre du gouvernement de Nauru de cesser les soins dispensés à ceux souffrant de problèmes psychiatriques.

La pression augmente sur Canberra

« La situation mentale des réfugiés détenus indéfiniment à Nauru est épouvantable », avait expliqué le Dr Beth O’Connor, psychiatre de MSF. « Ces 11 derniers mois à Nauru, j’ai vu un nombre alarmant de tentatives de suicide et de cas d’automutilation parmi les réfugiés et demandeurs d’asile, hommes, femmes et enfants, que nous avons traités. »

Ces critiques internationales s’ajoutent à celles d’Australiens qui demandent au Premier ministre conservateur Scott Morrison de transférer les enfants malades dans leur pays. Trois parlementaires de son propre parti ont réclamé publiquement l’évacuation des enfants et de leur famille.

Scott Morrison a laissé entendre qu’il recherchait un pays tiers pour les accueillir, comme la Nouvelle-Zélande voisine. D’après MSF, près de 900 migrants vivent sur Nauru depuis plus de cinq ans, dont 115 enfants.

Avec AFP

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