“Le Japon et la Chine peuvent-ils transformer leur adversité en amitié, après la visite d’Abe en Chine ?”  Cette question, posée parThe New York Times, est sans doute au cœur de cette visite officielle du Premier ministre japonais Shinzo Abe à Pékin et qui se déroule du 25 au 27 octobre. Le journal américain a rappelé que le président chinois Xi Jinping n’a même pas gratifié d’un sourire son homologue japonais devant les caméras, lors de leur rencontre à Pékin à, la fin de 2014, en marge du sommet du forum de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec). Et la dernière visite officielle d’un chef de gouvernement japonais en Chine remonte à 2011.

Mais, cette fois, le vent tourne. “La relation sino-nipponne est l’une des relations les plus importantes et les plus complexes pour les deux pays, reconnaît dans son éditoHuanqiu Shibao, journal nationaliste chinois. D’abord, les sociétés japonaises et chinoises doivent se respecter mutuellement. Affirmer et accepter les atouts de l’autre, reconnaître calmement ses propres faiblesses… Une fois, le principe du respect mutuel, de coexistence et de prospérité commune, établis, la Chine et le Japon seront plus facilement en paix avec leurs différences”, avance le journal.

D’après certaines analyses, la potentielle amélioration des relations entre les deux pays serait due à la guerre commerciale sino-américaine ; c’est l’avis du Huanqiu Shibao qui l’avoue à moitié. Selon le journal, “Washington joue à fond la carte de la guerre commerciale contre la Chine, et il n’est pas tendre non plus avec le Japon. Cette conjoncture va certainement renforcer la volonté de coopération entre le Japon et la Chine à court terme… mais si Pékin et Tokyo font leur calcul sur l’attitude de Washington, pour concevoir le développement des relations entre les deux pays, ils seront perdus.”

Pour ce journal ultranationaliste, qui n’a jamais ménagé son vocabulaire et a recours à des logiques extravagantes pour disqualifier ses cibles, il adopte cette fois-ci pour traiter la visite du Premier ministre japonais un ton presque tendre.Selon le journal, “il faut noter que le différend idéologique entre la Chine et le Japon est beaucoup moins fort qu’entre la Chine et les États-Unis. La communication sino-nipponne est plus facile que celle entre la Chine et les États-Unis.”

Zhang Zhulin- courrierinternational.com