Australie, un député veut empêcher Huawei et ZTE de déployer la 5G

Africaleadnews – (Australie) Michael Danby, un parlementaire travailliste de l’opposition, estime que les deux sociétés sont trop proches de Pékin.

La méfiance croissante des Australiens par rapport à la Chine, qui ambitionne de devenir la nouvelle puissance du Pacifique, n’épargne pas le monde des télécoms et ses deux géants chinois : Huawei et ZTE. Régulièrement accusés, aux Etats-Unis, de mettre en danger la sécurité nationale, les deux équipementiers télécoms – respectivement numéro un et quatre mondiaux du secteur – commencent aussi à faire froncer les sourcils en Australie.

Dernier épisode en date : ce lundi, Huawei est monté au créneau pour défendre son business dans ce vaste Etat-continent de l’hémisphère Sud. Le leader chinois des équipements télécoms répondait en fait aux critiques d’un  député travailliste de l’opposition, Michael Danby.  La semaine dernière, ce parlementaire de 63 ans avait appelé le gouvernement australien de Malcom Turnbull à exclure Huawei de la construction du futur réseau 5G australien, en raison des liens supposés entre la multinationale et le pouvoir chinois.

Un marché loin d’être périphérique

« Huawei et ZTE rendent tous les deux des comptes à des cellules du Parti communiste [qui dirige la Chine depuis 1949, NDLR] situées au sommet de leurs organisations respectives » avait attaqué le député dans un discours au Parlement. Si Huawei, une société non-cotée, affirme être détenue à 100 % par ses employés, ZTE en revanche compte bel et bien un représentant du Parti communiste chinois en son sein. Et l’actionnaire majoritaire de ZTE est lui-même détenu à plus de 50 % par deux sociétés d’Etat,  selon une enquête récente du New York Times.

Même si Huawei dit être indépendante, John Lord, le président de la filiale australienne, a rapidement riposté. Dans une interview à la télévision publique, le patron a averti qu’un tel embargo aurait « d’énormes implications » non seulement sur l’entreprise, mais aussi sur le marché australien des télécoms, avec une hausse des prix qui pourrait in fine être répercutée sur le consommateur final.

« Nous respectons les lois de tous les pays dans lesquels nous opérons. Nous sommes dans 170 pays, et nous vendons des équipements à 45 des 50 plus grands opérateurs mondiaux. La moindre erreur de notre part nous serait fatale » a-t-il expliqué,  cité ce matin par le Financial Times.

Même si l’île ne compte « que » 24 millions d’habitants, l’Australie n’est pas un marché périphérique pour les équipementiers télécoms, vu son niveau de développement et l’étendue du territoire à connecter. Le pays est grand comme douze fois la France et nécessite, de ce fait, des investissements publics colossaux.

Huawei emploie sur place plus de 800 personnes, contre un gros millier dans l’Hexagone. La multinationale de Shenzhen dit vendre ses équipements 4G (antennes, routeurs…) à tous les opérateurs australiens :  Telstra, l’opérateur historique, mais aussi Vodafone, Optus et TPG. Or, le groupe comptait bien participer aux appels d’offres et participer au déploiement de la 5G, le nouveau standard de téléphonie mobile et promesse d’un Internet ultra-rapide, dans le pays.

Un câble sous-marin vers les îles Salomon

« L’Australie est un allié des Etats-Unis. Il arrive que des parlementaires font état de leurs opinions, mais elles ne sont pas pour autant représentatives de celles du gouvernement » euphémise un haut cadre de Huawei qui y voit un effet collatéral de « l’affaire ZTE ».

Mi-avril, Donald Trump avait poussé le grand rival de Huawei au bord du précipice, en lui imposant des  sanctions inédites. ZTE a finalement évité de justesse la faillite  en négociant un accord avec le président américain, moyennant une amende de 1,3 milliard de dollars et un changement de direction.

En réalité, ce n’est pas la première fois que Huawei se heurte à des difficultés en Australie. En 2012, Malcom Turnbull, alors ministre des Communications, l’avait déjà empêché de participer au déploiement du National Broadband Network (NBN). Financé à hauteur de 49 milliards de dollars australiens (soit plus de 37 milliards d’euros), ce méga projet d’infrastructures doit apporter le très haut débit à 12 millions de foyers et d’entreprises à travers l’île.

Le mois dernier, l’Australie avait également cassé un contrat pourtant déjà attribué à Huawei prévoyant la construction d’un câble sous-marin reliant l’Australie aux îles Salomon. Craignant que la Chine ne l’utilise à ses propres fins, Canberra a finalement préféré le financer elle-même, en puisant dans son propre budget d’aide au développement.

Raphaël Balenieri- lesechos.fr

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