Gurrumul

Australie: décès du chanteur aborigène Gurrumul

Africaleadnews – (Australie) Le chanteur aborigène australien Gurrumul, qui avait collaboré avec plusieurs stars comme Sting et Elton John, est décédé à 46 ans au terme d’un « long combat contre la maladie », a annoncé sa maison de disques. Non-voyant, Geoffrey Gurrumul Yunupingu chantait d’une voix prenante une sorte de folk aborigène en s’accompagnant à la guitare entouré de quelques musiciens acoustiques. L’artiste, qui était d’une timidité rare, avait très rapidement obtenu une reconnaissance internationale après la sortie de son premier album en 2008 en dépit du fait qu’il chantait dans son dialect Gumatj compris que par 3.000 personnes.

« Nous pleurons aujourd’hui la perte d’un grand Australien, Dr G. Yunupingu, qui nous a quittés hier à l’Hôpital royal de Darwin après un long combat contre la maladie », a annoncé dans un communiqué Skinnyfish Music Australia Sa disparition a entraîné une avalanche de réactions en Australie, notamment sur les réseaux sociaux. « Dr G Yunupingu était un remarquable Australien qui partageait sa langue Yolngu avec le monde au travers de sa musique », a notamment tweeté le premier ministre Malcolm Turnbull.

Dr G Yunupingu was a remarkable Australian sharing Yolngu language with the world through music. Prayers for Galiwin’ku & family & friends

« Trop jeune. Il avait encore tellement à donner », a réagi de son côté sur Twitter le leader de Midnight Oil Peter Garrett.

Gurrumul, qui a vendu un demi-million d’albums, avait notamment collaboré avec de grands noms de la scène internationale, comme Quincy Jones ou Elton John. Il avait avec Sting livré une interprétation remarquée d' »Every Breath You Take » en 2009 sur le plateau de « Taratata ». Il avait également chanté devant la reine Elizabeth ou le président américain Barack Obama.

Il était né non-voyant en 1971 dans le village reculé de Galiwin’ku, situé sur l’île Elcho au large de la Terre d’Arnhem, dans l’extrême Nord de l’Australie. Il souffrait vraisemblablement de problèmes de foie et de reins après avoir contracté l’hépatite B quand il était enfant.

La sénatrice des Verts Sarah Hanson-Young a d’ailleurs relevé sur Twitter que son décès prématuré constituait « un amer rappel de la nécessité de combler l’écart en matière d’espérance de vie avec les peuples indigènes ». Ils ont beau être présents depuis – au moins – 40.000 ans sur l’île-continent, les aborigènes ne sont que 670.000 en Australie, sur une population de 23 millions. Les taux d’emprisonnement, de chômage et de grave maladie sont bien plus élevés chez eux que chez les autres Australiens. Ils ont en outre une espérance de vie bien moins longue.

Ainsi, sur la période 2010-2012, chez les hommes, l’espérance de vie des non indigènes était de 79,7 ans contre 69,1 ans pour les aborigènes, et de 83,1 ans contre 73,7 ans pour les femmes, selon des chiffres officiels publiés en 2013. La coutume aborigène interdit la publication d’images de personnes récemment décédées.

Commentaires

Commentaires

A propos Africaleadnews

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.Les champs obligatoires sont marqués *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>